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Saint André

Saint André

Les parties les plus anciennes de l'église Saint-André datent du XIIe siècle : c'était à l'origine une simple nef attenante au château des comtes Taillefer. Cette église en partie détruite, amputée de sa partie orientale, fut agrandie sur un plan plus vaste au XVe siècle. Cet édifice gothique ayant perdu ses voûtes lors des guerres de religion, celles-ci furent refaites au XVIIe siècle.

La façade a été refaite au XIXe siècle par Paul Abadie (père) dans le style néo-classique avec les statues représentant saint André et saint Paul. Le clocher carré a deux étages de baies en plein cintre. Trapu, il rappelle bien des clochers d'églises de la campagne charentaise.

A l'intérieur, en entrant on remarque d'emblée la partie romane, la plus ancienne, avec ses murs gouttereaux décorés d'arcatures et son avant-nef couverte en berceau soutenu par des arcs doubleaux prolongée à l'est par la partie gothique plus importante, édifiée à la fin du XVe siècle, avec trois nefs de quatre travées voûtées d'ogives. Deux chapelles gothiques sont placées l'une dans le collatéral Nord, couverte d'ogives à liernes et tiercerons ; l'autre, dans la troisième travée du bas-côté Sud, est aussi de la même époque.

Saint-André est une des églises les plus riches en mobilier. L'ensemble date essentiellement des XVIIème et XVIIIe siècles et témoigne de la réforme catholique, en d'autres termes de la volonté de reconquête de l'Eglise catholique face au protestantisme après les guerres de religion.

Le retable qui orne le choeur, du XVIIe siècle, présente tout en haut au centre une niche avec une Vierge, à gauche saint André avec sa croix, à droite saint Jean portant l'agneau et plus bas dans le tableau peint une scène de la Pentecôte avec la Vierge au milieu des apôtres recevant l'Esprit Saint sous la forme de langues de feu.

La chaire, datée de 1692, due à Jacques Rogier, comporte un abat-voix surmonté d'une couronne, celle du Christ-Roi, soutenu par deux atlantes; elle est ornée de quatre panneaux sculptées représentant les évangélistes et leurs symboles tandis que les panneaux de la rampe représentent des apôtres : André avec sa croix, Pierre avec ses clefs, Paul avec son glaive et Jacques avec son bâton de pèlerin.

La nef romane conserve le chef d'oeuvre de l'église : Saint Wolfgang apparaissant à saint Henri (1627), de Claude Vignon (1593-1670). Dans la chapelle baptismale, un Baptême du Christ a été exécuté en 1814 par François Nicollet (1762- 1833).

Sur le mur nord-ouest de la partie gothique, un tableau de l'école italienne, datant du début du XVIIe siècle, représente l'Adoration des Bergers. En face, sur le mur sud-ouest, l'Adoration des mages est également du XVIIe siècle.

Dans le jardin, près de la sacristie, on peut voir la statue dite des « âmes simples » sculptée par Pierre-Albert Birot et plus loin, au chevet de l'église, un reste de cheminée de l'ancien palais Taillefer, qui surmontait l'ancien four banal, démoli sous le Second Empire, et que l'on a longtemps pris à tort pour une lanterne des morts.